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Travail de la classe 1GA  par admin1 le 2017-01-05

Réquisitoires et plaidoyers

Dans le cadre d’une séquence sur les Lumières, la classe de 1GA du lycée Flora Tristan a étudié des extraits de Voltaire, Montesquieu, Diderot, Marivaux, … appartenant à divers genres littéraires : conte philosophique (Candide), pièce de théâtre (L’ile des esclaves), essai (L’esprit des lois), etc.

 

 

En nous inspirant de tous ces philosophes et de leurs réflexions, nous avons dénoncé à notre tour l'esclavage et le racisme sous la forme d'une scène de théâtre.

Voici deux de nos scènes :

Acte I, scène 3

Le chef des esclaves et Iphicrate, sur l’île des esclaves

Chef : Vous voilà donc devant moi.

Iphicrate : C'est exact.

Chef : Vous étiez maître d'esclaves à Athènes. N'avez vous pas honte de vous ?

Iphicrate : Pourquoi aurais-je honte d'être propriétaire d'esclaves ?

Chef : Parce que, justement, vous prenez des êtres humains pour des esclaves !

Iphicrate (en riant) : Ce ne sont point des êtres humains!

Chef : Mais qu'est-ce-qui vous fait tenir de tels propos ?

Iphicrate : Si les roux sont tués par les Egyptiens et que les Asiatiques font les Eunuques, alors pourquoi Moi, Européen, je ne pourrai pas avoir d’esclaves ?

Chef : Vos idées ne sont pas de réels arguments. Ce ne sont pas des raisons suffisantes et valables pour prendre la liberté d'autrui. Je vous rappelle que nous sommes tous nés libres et égaux en droits.

Iphicrate : Les nègres ne sont pas nés libres et égaux puisqu'ils ne sont pas humains.

Chef : Comment ?

Iphicrate : Ils n'ont pas d'âmes !

Chef : Vous n'en savez rien.

Iphicrate (En se moquant): Une bonne âme dans un corps tout noir, laissez-moi rire !

Chef : Vous rigolerez moins quand vous serez devenu esclave après notre discussion.

Iphicrate (S'arrêtant d'un coup): Attendez! Attendez! On peut s'arranger.

Chef (En se moquant): Voudriez-vous que je sois clément et juste envers vous ? Hors de question !

Iphicrate : D'accord! D’accord ! Mais avant, j'aurais une dernière question.

Chef : Je vous écoute.

Iphicrate : Si, pour vous, l'esclavage n'est pas juste et qu'un esclave est si malheureux et souffre autant que vous le prétendez, pourquoi les rois, les princes et les magistrats ne l’abolissent-ils donc pas ?

Chef : Ils ne sont pas assez humains, civilisés et intelligents pour s’apercevoir que l’esclavage n’est pas une bonne chose et qu’il viole les droits de l’Homme.

Iphicrate : Vous nous insultez donc d’être des crétins ?

Chef : Bien sûr ! Vous savez très bien que s’ils ne l’abolissent pas, c’est bien parce que cette discrimination vous arrange et vous est rentable. Le sucre couterait alors plus cher. Les esclaves vous sont donc très utiles.

Iphicrate : Vous avez raison sur un point, les esclaves nous sont très utiles.

Chef : Laissez-moi vous dire que vous n’êtes point nos propriétaires.

Iphicrate : Cessez donc de croire en ces sottises. On vous achète, vous loue, vous négocie. On vous vend et revend. Alors vous nous appartenez .

Chef : Continuez encore à dire de telles abominations ! Vous aggravez votre cas. Je ferai de vous mon esclave personnel et vous comprendrez votre aveuglement. Vous êtes un barbare et un sauvage !

Iphicrate : Vous avez bien raison. Arrêtons cette discussion. (Il quitte la scène).

Acte I, scène 3

Iphicrate et le chef des esclaves libres.

Iphicrate et le chef des esclaves se rencontrent sur l’île des esclaves.

Chef : Que fais-tu ici ? Toi, homme sans âme et sans cœur qui retire la liberté d’un autre homme.  Qui es-tu?  Pour humilier, rabaisser  et utiliser un être humain comme un objet ?

Iphicrate : De quel être humain parlez-vous ?  Je n’en vois aucun ici ! Vous êtes tous des objets de négoce et de simples marchandises. Attendez, parce que vous pensez que nous, les hommes supérieurs, allons ressentir pour vous, ne serait-ce que de la pitié ou même de la compassion ? (Rires moqueurs) Quel homme candide vous faîtes! De plus, vous n'êtes pas beaux, vous êtes défigurés avec vos nez écrasés et votre noirceur. Quelle laideur !

Chef : Dieu seul peut juger et décider de notre sort !

Iphicrate : Dieu dites-vous ? Dieu ne mettrait jamais une âme et une bonne dans le corps d’un homme de couleur et en l’occurrence noir.

Chef (En riant) : Une bonne âme ? Parce que vous, hommes de couleur blanche, possédez une âme et une âme supérieure  à la mienne ? Vous qui traitez ces hommes  comme des choses avec tant de violence et tant de cruauté ! Et vous osez prétendre que vous avez une bonne âme ! Quelle ironie et quel paradoxe ! Qui êtes-vous pour nous utiliser comme des moins que rien ?

Iphicrate (avec un ton ironique) : Grâce à vous,  nos plantations de canne à sucre, de cacao et de coton produisent en grande quantité et sont rentables ; pas besoin de vous payer ou de débourser un centime, surtout  pour des incapables comme vous ! Je connais le Code Noir, moi !

Chef : Incapables ? Sans nous, vous n'êtes personne, vous me faîtes bien rire avec tous vos arguments qui n’ont aucun sens et aucune cohérence. Nous sommes des hommes avec sûrement plus de valeurs et autant de droits que vous !

Iphicrate (Pris d’un fou rire) : Des hommes ? Mais où voyez-vous des hommes ? Si vous êtes ce que vous dites, on pourrait croire que nous ne sommes plus des chrétiens. Ce qui n’arrivera jamais car personne ne vous considère comme dignes d’être humains. Vous avez autant de valeur qu’un meuble !

Chef : Personne ne peut nous acheter ou même nous rendre à nos ignobles et anciens propriétaires . Nous  sommes libres et personne n'a le droit de nous priver de notre liberté.

Chef : Emmenez- moi cet « homme » et tuez- le !

Iphicrate (En hurlant et en s'agenouillant) : Pitié ! Ayez pitié, je vous en supplie. Je jure de ne plus traiter aucun homme d’esclave.

Le chef se met à rire et quitte la scène.